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Quand la chaine logistique d’Amazon prend forme humaine, cela donne des dizaines de manifestations internationales pour revendiquer des conditions de travail plus respectueuses.

Ce lundi 15 juillet, le géant américain Amazon s’apprête à lancer 2 journées de grandes promotions et doit au même moment faire face à une vague de revendications salariales très médiatisée en Europe et aux États-Unis.

Ce n’est pas la première fois depuis 2013 que les salariés d’Amazon se concertent et se mobilisent pour faire connaître les déplorables conditions dans lesquelles ils travaillent. Les syndicats de près de 15 pays se coordonnent régulièrement pour lancer des actions coups de poing sur les journées phares de ventes du groupe américain comme le « black Friday » ou les « Prime days ».

Ce jour, en France, c’est l’entrepôt du Nord à Lauwin-Planque qui s’est fait connaître avec des manifestations par près de 2000 salariés. Par solidarité, des salariés à Madrid, outre-Manche, outre-Rhin se sont également mobilisés. Aux États-Unis, le site logistique du Minnesota a connu des perturbations dans l’accès à l’entrepôt et le chargement des marchandises. Les salariés portaient des banderoles clamant « Nous sommes des humains, pas des robots».

Des conditions de travail déplorables chez Amazon conduisent à une grève des salariés

Les salariés dénoncent des techniques de management proches de la « traque ». Selon les témoignages des employés, tout est fait pour éviter de perdre du temps, allant même jusqu’à supprimer les pauses. Certains disent être obligés d’utiliser des bouteilles en plastiques en guise de toilettes. Des femmes enceintes seraient contraintes de rester debout et d’autres salariés recevraient des avertissements s’ils ne sont pas assez rapides. Les cadences imposées sont beaucoup trop rapides.

Voici le type d’informations dénoncées par le syndicat Britannique GMB. La rentabilité de l’entreprise semble rester la priorité du groupe qui a réalisé un bénéfice record de 3 milliards de dollars l’an dernier au détriment du respect du code du travail et du bien-être de son personnel.

Robot élévateur en entreprise

Une négociation compliquée des salariés avec la direction d’Amazon durant le conflit

Le service communication de l’entreprise minimise les différentes manifestations en Europe et aux États-Unis. Malgré les revendications communes aux différents sites internationaux de la société, la direction ne souhaite pas parler des actions et prend le contre-pied pour communiquer sur les nombreuses embauches et contrats en CDI signés très récemment.

L’Allemagne est prise en exemple pour illustrer leur bonne conduite avec localement un salaire « plus haut de ce qui est payé pour des emplois comparables ». La direction de la société a indiqué que « Amazon prouve chaque jour qu’on peut être un employeur honnête et responsable vis-à-vis de ses employés en Allemagne sans accord collectif ».

Les demandes de revalorisations salariales par les syndicats d’Amazon Logistic et la négociation de conventions collectives restent à ce jour sans réponses.

Amazon remplacerait progressivement ses salariés par des robots

Amazon fait partie de ces entreprises qui misent sur la rentabilité et l’organisation du travail par le biais de la technologie. Depuis 2012, le groupe international fait de nombreux efforts pour mêler les robots à la chaîne humaine afin d’augmenter la productivité de ses entrepôts. Le parfait exemple est sans doute l’entrepôt JFK8, situé à proximité de New York. Pour traiter les commandes passées par les habitants de la Grande Pomme, de nombreux robots automatisent la production et l’envoi des commandes dans un entrepôt de 80 000 m².

Les salariés d’Amazon ont donc de gros soucis à se faire, que ce soit en termes de bien-être au travail ou en termes de sécurité de l’emploi. Le remplacement de l’homme par la machine arrive à grand pas, et Amazon se situe incontestablement en tête de course. À moins qu’il ne s’agisse pour le géant américain de modifier la nature du travail effectué par ses salariés ?