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Les temps sont durs pour Ford. Après la fermeture de trois usines en Russie, d’autres fermetures devraient suivre d’ici la fin de l’année 2020. Au total, ce sont près de 12 000 emplois qui devraient être supprimés par la marque. Sont notamment visées des usines en France et au Pays de Galles. Dans d’autres pays d’Europe, comme en Espagne ou en Allemagne, Ford a considérablement réduit ses effectifs.

La suppression de 12 000 emplois chez Ford en Europe

La nouvelle a récemment été rapportée par les médias. Le groupe Ford envisage la suppression de 12 000 postes en Europe d’ici la fin de l’année 2020. L’objectif de la mesure : tenter de donner une activité rentable à l’entreprise en diminuant sa masse salariale. Ford souhaite en d’autres termes réduire les coûts de production de ses véhicules.

Deux facteurs ont principalement contribué à prendre une telle décision au sein du groupe Ford :

  • Un milieu financier stagnant, qui devrait même aller à la baisse au cours des prochaines années ;
  • D’importants investissements dans les technologies permettant de préserver l’environnement en diminuant l’émission des véhicules.

Autrement dit, s’il n’y a pas davantage d’argent qui rentre dans les caisses du groupe, il sera impossible pour Ford d’investir dans des technologies respectueuses de l’environnement. La seule solution est donc de dégager des économies en jouant sur la masse salariale.

Un investissement dans des véhicules écologiques chez Ford

Alors que certains concurrents se placent sur une logique plus discutable (nous pensons notamment à l’accord que Fiat-Chrysler a passé avec Tesla pour éviter des amendes liées au non respect des normes environnementales), Ford tente de se tenir à jour des dernières innovations en matière environnementales. Le groupe investit dans le développement de véhicules électriques, hybrides et autonomes qui constitueront sans doute le futur de l’automobile, tout en révisant les moteurs actuellement utilisés de manière à respecter les normes environnementales.

Si l’on en croit l’objectif purement environnemental, la démarche de Ford de supprimer 12 000 emplois en Europe d’ici la fin de l’année 2002 paraît tout à fait louable. Néanmoins, elle est très discutable sur un plan social. Dans l’histoire de l’entreprise, il n’y a sans doute pas eu de nombreuses décisions de cette ampleur à prendre concernant les salariés qui devront rapidement contacter Pôle Emploi pour retrouver du travail.

Ancienne voiture de Ford

Une cessation volontaire de service dans de nombreuses usines

La fermeture d’usines en France et au Pays de Galles, ainsi que la diminution de l’activité des usines situées en Espagne et en Allemagne, vont contribuer à cette « cessation volontaire de service », qui conduira à la suppression de plusieurs milliers de postes en Europe.

Tous les postes supprimés par Ford ne sont pas logés à la même enseigne. Sur cette suppression européenne, environ 2000 postes sont des postes rémunérés, des contrats de travail à durée indéterminée comme on peut les imaginer dès que l’on évoque une activité d’usine. Ces 2000 postes s’inscriront dans une logique de suppression de 7000 postes à travers le monde.

Concernant les autres travailleurs, Ford précise qu’il s’agit de contrats horaires ou bien d’intérimaires, qui travaillaient pour l’entreprise pour les besoins de la cause. Ces contrats, plus précaires, seront les premiers visés lors de cette restructuration de l’activité.

51 000 personnes employées en Europe par Ford

Le chiffre de 12 000 postes supprimés peut sembler impressionnant, et pour cause ! Au total, Ford emploie environ 51 000 personnes en Europe. C’est donc plus d’1/5ème de la masse salariale de l’entreprise qui va être mise sur la touche.

Ces suppressions vont de paire avec une demande de véhicules neufs en baisse en Europe. L’association des constructeurs automobiles européens (ACEA) a déclaré jeudi que les demandes allaient sans doute diminuer de 1% en 2019, tendance qui risque de se poursuivre dans les prochaines années. Il est donc possible que le secteur de l’automobile connaisse de très grandes restructurations dans les prochaines années, ce qui conduira peut être les autres constructeurs à suivre le pas enclenché par Ford cette année.